Les lieux incontournables du Kef

Les lieux incontournables du Kef

La Kasbah

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La Kasbah et ses deux forts emblématiques reflètent l’importance politique keffoise, à l’image d’une très vieille histoire guerrière. De loin, ces deux éléments essentiels du paysage kéffois dessinent l’allure de la ville et une identité unique. Cette citadelle est l’un des ouvrages d’architecture militaire les plus accomplis et les plus imposants de la Tunisie. Au sommet de la Kasbah, une vue époustouflante s’offre aux yeux : la ville et ses collines couvertes de verdure lors des périodes de mousson.

visiter-histoire-kasbah1Il s’agit d’un véritable complexe fortifié érigé à l’emplacement d’un fortin byzantin, lui-même élevé sur le rocher primitif de la ville. Le premier fort, plus petit, fut construit en 1601. C’est un bâtiment quadrangulaire doté de plusieurs casemates et flanqué de quatre bastions droits. Un oratoire y a été aménagé pour l’accomplissement des devoirs religieux de la garnison.

Le deuxième édifice, plus important, fut bâti en 1735. Outre les casemates et l’oratoire, il était composé d’une prison ainsi que d’une grande citerne pour soutenir un siège prolongé. Il fut agrandi en 1807 et complété à cette occasion par deux bastions sur son flanc.

Après avoir repris des services sous les couleurs nationales, au lendemain de l’indépendance, la Kasbah fut désaffectée pour être remarquablement consacrée à la culture. Par exemple, le festival d’été du Kef se déroule dans la cour du grand château. Quant au petit château, il accueille un hôtel de charme.

Sidi Bou Makhlouf

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Chaque cité de la Tunisie aime s’identifier à un saint patron (ou une saine patronne) qui en est à la fois le symbole et le protecteur. Mais il est assez rare que ce symbole s’imbrique aussi étroitement avec l’édifice, abritant les restes du saint personnage, qu’au Kef avec le mausolée de Sidi Bou Makhlouf. La seule image de l’édifice suffit à évoquer l’âme de la ville.

 A l’intérieur, la coupole est finement ouvragée de stuc ciselé et éclairée à la ronde par de petites fenêtres à vitaux multicolores. Deux nefs latérales complètent cet espace donnant sur la cour et sont réservées aux prières et aux cérémonies confrériales. Les murs sont lambrissés de beaux panneaux en carreaux de céramique et de frises en stuc ouvragé.

Tous les ans, au printemps, se déroule dans le mausolée le grand cérémonial des « aissaouiya », une manifestation très intense et haute en couleurs.

La basilique romaine

Au pied de la Kasbah se blottit l’un des édifices les plus mystérieux de la ville et même de l’Antiquité africaine. Il s’agit de la « Basilique », dite encore monument à auges.

La fondation de cet espace semble remonter au IV ème siècle. Il se présente sous la forme d’une salle en croix de proportions très harmonieuses donnant sur un atrium, une grande cour bordée d’un altier portique.

Des niches ont été aménagées dans son « chevet » tandis que du coté des « absides » latérales des auges ont été creusées dans des cloisons épaisses.

La parfaite conservation de l’édifice s’explique par son incorporation précoce à la Grande Mosquée. Plus tard, en 1966, il s’en détachera et subira des restaurations archéologiques.

La Synagogue de la Ghriba

le-kef-visiter-mon-guide-synagogue-ghriba-4207La modestie de son apparence cache mal son ancrage dans le temps et dans les consciences. Les fidèles juifs vénéraient les figures lumineuses de la spiritualité musulmane, mais les Musulmans du Kef vouaient eux aussi un véritable culte à la Ghriba. Selon la légende, suite à leur séparation trois orphelines auraient créé trois Ghriba. Ainsi, cette synagogue devint l’un des trois lieux de pèlerinage majeur pour les juifs maghrébins avec la Ghriba d’Annaba et avec celle de Djerba, la plus célèbre parmi toutes. Sur l’oriflamme rouge et verte y est incrustée une broderie en dentelle où figure l’étoile de David.

Après le départ de la communauté juive au XXème siècle, elle a été laissée à l’abandon. Néanmoins, elle a été restaurée en 1994, ce qui lui redonna son éclat passé au sein du patrimoine du Kef. L’intégralité du quartier juif, la Hara, est à ne pas manquer avec ses rues en escalier et ses commerces.

Le musée  des Arts et Traditions Populaires

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Ce musée a été implanté sur les hauteurs de la ville dans un véritable complexe religieux ayant accueilli pendant près de deux siècles une confrérie mystique, « la rahmaniya ». Cet ensemble, édifié en 1784, comportait un oratoire, une petite nécropole surmontée d’une belle coupole très richement décorée ainsi qu’une école coranique.

Transformée vers la fin des années 70 en musée régional des arts et traditions populaires la zaouia sidi Ali Ben Aissa (son appellation d’origine) abrite une riche collection d’objet ethnographiques et d’artisanat traditionnel provenant de la ville du Kef et de tout le gouvernorat.

La première salle (l’ancienne nécropole) renferme une remarquable collection de bijoux et de costumes d’apparat féminins de la ville et de l’arrière-pays. Dans l’ancien oratoire a été implantée une véritable tente bédouine avec tous les accessoires liés aux modes de vie pastorale et rurale. La troisième salle présente une belle collection d’objet en terre cuite modelée ou tournée. Enfin, la quatrième salle est consacrée au sport régional par excellence, l’art équestre ou fantasia : harnachement des chevaux de parade, tenue de cavaliers et accessoires divers.

Le musée ouvre entre septembre et mars de 9h30 à 16h30, et d’avril à septembre de 9h à 19h. Il est fermé le lundi. Les droits d’entrée sont de 5 Dt. On y trouve une boutique, une cafétéria et des toilettes.

Le temple des eaux

C’est un ensemble construit vers le milieu du troisième siècle autour de la source principale de la ville : Ras el Ain. Ce vaste ouvrage hydraulique se compose de trois parties : les restes du nymphée, les citernes et les thermes.

Ras el Ain est la grande source du Kef. Son passé antique a fait de l’objet un culte qui se prolonge jusqu’à nos jours par une vénération particulière.

Les citernes étaient approvisionnées par les eaux provenant de Ras el Ain via une conduite souterraine.

Les thermes, enfin, suggèrent des installations impressionnantes par leurs dimensions et le luxe de leur décoration.

Il en reste une imposante salle hexagonale au milieu de laquelle fut aménagé un bassin, de forme hexagonale lui aussi, ainsi qu’une grande abside et les restes d’une chapelle paléochrétienne du Vème siècle.

La basilique Saint-Pierre

C’est une basilique d’époque paléochrétienne qui date du IVème siècle. Construite sur un ancien temple païen, elle est depuis 1960 un lieu de culte catholique. Pendant le protectorat français la communauté chrétienne du Kef s’y rendait.

Le monument est en assez bon état pour laisser nettement apparaitre ses différentes composantes agencées selon un plan latin et comportant un narthex, une grande salle avec une nef centrale séparée de deux bas-côtés par une double colonnade, et une abside de style byzantin, remarquable par son état de conservation.

Le Hammam Mellègue

Ces bains thermaux utilisés depuis l’époque romaine sont situés au sud-ouest de la ville du Kef. On y accède par une piste longue d’une dizaine de kilomètres qui contourne le chef-lieu pour en donner la vue d’une cité aux couleurs blanches et fauves. Malgré la rudesse du parcours, par moment tapissé de cailloux, il émane du décor naturel une grande sérénité. La piste décrit des courbes et des toboggans jusqu’au surplomb de la jolie vallée de l’oued Mellègue lequel apparait au bas du tableau, à droite, tel un ruban argenté.

En effet, le site antique s’étend sur 5 ha mais seul le complexe thermal a été conservé avec les vestiges d’un temple et de villas cossues. Les installations thermales comportent 5 bassins, dont un de forme hexagonale. Trois d’entre eux sont à l’air libre, les deux autres sous abri. Les bassins sont alimentés en eau chaude jaillissant de la gueule de deux têtes de lions sculptées dans un beau linteau de marbre blanc.

Car l’eau des Hammam Mellègue est hypertonique et contient du chlorure de sodium, elle apporte de très grands bienfaits pour la santé, en particulier pour les personnes souffrant de maladies ostéo-articulaires ou d’obésité.

Ellès

Il s’agit, en fait, d’une vaste cité des morts. Cette nécropole d’époque numide (IIème siècle av. JC) dépeint un monde conservé, empreint de son cachet originel.

La nécropole se compose de plusieurs dizaines de caveaux funéraires, près de deux cents répertoriés par les chercheurs. Ils sont éparpillés sur plusieurs hectares de vallonnements et se présentent sous forme de monuments mégalithiques. Ces derniers ont été édifiés à l’aide d’énormes dalles disposées en cellules isolées ou alignées de part et d’autre d’un vestibule, en groupe de huit caveaux de 1.5m de hauteur.

En l’absence de traces écrites, on sait peu de choses sur le monde des morts à l’époque numide, sur les rites qui accompagnaient ces derniers et le sens des choses qui les entouraient.

Mdeina – Althiburos

La cité antique a été érigée sur les contreforts d’un relief rocheux aujourd’hui nu et à l’apparence sévère. Le site d’Althiburos s’étend sur environ 200 hectares. Le premier contact avec les vestiges se fait, à l’entrée de la cité, avec une superbe porte triomphale construite sous le règne d’Hadrien et trônant aujourd’hui au milieu d’un enclos contigu à l’école primaire de Mdeina. Le champ de ruines, qui semble s’étaler en une vaste étendue de pierres renversées, est dominé par des pans du temple capitolin qui a conservé son entrée et quelques frises sculptées.

La voie sépare les deux espaces en direction du sud, l’un vers une belle fontaine publique et au-delà, l’autre vers un amphithéâtre en cours de restauration et édifié sous le règne de l’empereur Commode vers la fin du II ème siècle.

La table de Jugurtha

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Située à Kalaat Senen, à 69 km du gouvernorat et à quelques kilomètres de la frontière tuniso-algérienne, elle est l’un des sites historiques les plus importants. En effet le terme de « table » intrigue ceux qui ne connaissent pas l’endroit. Il a été inspiré par la forme de ce mont tabulaire, un bloc de roche ocre de plus de 20 millions de mètres cubes taillé à pic de tous les côtés. Le site culmine à 170m du côté le plus élevé et a environ 80ha de roche nue sur sa plus grande superficie. Seuls 10ha sont recouverts d’une mince couche de terre, lui servant de pâturage. Par ailleurs, la paroi de la Table se présente sous forme d’une véritable muraille et la seule voie pour se rendre à son sommet est un escalier étroit de 150 marches taillées de main d’homme à flanc de paroi et aujourd’hui rendues glissantes par l’usage. Ces marches portent l’empreinte des sabots du bétail !

Deux fois l’an, le plateau s’anime et retrouve ses pulsions passées. Au pied de la forteresse, l’œil repère les traces du présumé camp des légionnaires ayant assiégé la Table sous les ordres du général Marius ainsi que les restes d’habitations anciennes, les caveaux funéraires protohistoriques creusés dans la roche, les sépultures collectives dolméniques de forme circulaire ou les fameuses escargotières, tumuli de cendres, d’éclats de silex, de coquilles d’escargots et d’autres restes accumulés dans la préhistoire dans le voisinage des cavernes et des campements.

Le barrage de l’Oued

Nébeur, à une trentaine de kilomètres au nord du Kef, est l’une des agglomérations a su préserver un profil particulier. Sur l’oued Mellègue voisin a été aménagé l’un des principaux barrages de Tunisie. Sa construction s’est étalée de 1947 à 1957. C’est un véritable monument de l’architecture contemporaine composé de 5 voutes semi-cylindriques de 50m de diamètre surmontées d’une digue de 470m de long avec une hauteur maximum de 65m.

En effet, les bâtiments administratifs utilisés pendant la période de construction du barrage ont été reconvertis en auberge et restaurant touristique, ce qui nous vaut une coquette station dominant d’ un coté l’ouvrage d’art et le plan d’eau et, de l’autre, une immense pépinière enchâssée dans un val.

Jebel Saddine

La réserve du Jebel Saddine se situe à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest du Kef et couvre une superficie de 2.610 hectares. Ce massif, qui se compose de 3 principales collines culminant à 608m, est parcouru par des ravins aux pentes boisées et des oueds qui coulent toute l’année. Il a été entièrement clôturé et pourvu d’un écomusée et de circuits de visite. On y a recensé plus d’une vingtaine d’espèces végétales, 14 familles de mammifères (hyènes rayées, sangliers, chacals, renards, genettes, mangoustes, porcs-épic, lièvres, hérissons…), et 17 d’oiseaux (milans noirs, aigles de Bonelli, circaetes-jean-le blanc, perdrix, hiboux, cailles, pigeons…), et 10 de reptiles (tortues, lézards, caméléons, couleuvres, vipères…). La gazelle de montagne et le mouflon à manchettes y sont en voie de ré acclimatation.

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